Claude
Lévêque
Artiste
comptant parmi les plus importants de la scène contemporaine, Claude Lévêque surprend
par ses créations environnementales.
Claude
Lévêque est né en 1953 à Nevers. Il vit et travaille à Montreuil (Seine-Saint-Denis)
et à Pèteloup (Nièvre). En 1982, il participe à la 12e biennale de Paris, en 1984
la galerie Eric Fabre lui consacre sa première exposition personnelle. Depuis,
le travail de Claude Lévêque a acquis une dimension internationale : il expose
régulièrement en Europe, en Amérique ou en Asie. En France, il est représenté
par la galerie Yvon Lambert où il expose notamment Ende en 2001.
Parmi ses expositions personnelles on peut citer en 2001, Le meilleur des mondes
à la Passerelle de Brest, Let's Dance à la fondation Miro de Barcelone, ou Reconstruire
la fenêtre à la Rice gallery de Tokyo. Il collabore en même temps avec des associations
comme Emmetrop à Bourges (1999, 2004) ou L'impasse Saint-Claude à Paris (2004).
Privilégiant le travail in situ, il quitte progressivement le terrain des objets
et des situations pour se focaliser sur des recherches ayant trait à la création
d'espaces et d'atmosphères inédites.
Qu'il
intervienne dans l'espace urbain (2007, accompagnement artistique du tramway des
Maréchaux à Paris) ou investisse un lieu d'exposition transformé en univers onirique
(Le Grand sommeil, au MAC/VAL en 2006, Kurt Cobain 8 avril 1994 à la Nouvelle
Galerie de Grenoble en 2004), la matière première de Claude Lévêque reste l'environnement
quotidien. L'art doit in-former la réalité et produire de la réactivité en créant
des dispositifs singuliers, des espaces évolutifs orientés par le corps en mouvement
du visiteur. Ces installations spectaculaires jouent sur le ressort esthétique
de la fascination, d'un mélange d'attirance et de répulsion qui déstabilise le
spectateur et déjoue l'attitude contemplative. L'impression recherchée est celle
d'une fragilité induite par les formes et invitant à une lucidité critique.
"
TOUS LES SOLEILS "
MULTIVISION NOCTURNE IN SITU "
Tous les
Soleils s'invitent dès la tombée du jour sur Uckange. Apparition fugitive lointaine
d'un territoire de feu en circulant sur la route, l'autoroute ou en train. Dès
l'entrée, l'énergie abyssale fusionne les entrailles du haut-fourneau. L'incendie
de la Chambre des Lords et des Communes, le 16 octobre 1834 de William Turner,
stigmatise notre mémoire. Vanité des soleils croisés, traçant la temporalité distendue
entre l'âge d'or de la sidérurgie et le vestige réactivé du souvenir. Fiction
panoramique industrielle, mirage lointain, voie servile des fenêtres de l'illusion.
Matière conquise par l'énergie humaine,de la montée en puissance calorifère à
la régulation refroidie. Regard caressant à partir du cheminement qui initie une
circulation visuelle tous azimuts. Le regard balaie, comme une caméra sondeuse,
les méandres de la découverte. Avec les jumelles d'observation, les fonctions
se dévoilent à notre proximité et les pupitres d'orientation signifient les actes
successifs de l'activité, le visiteur surplombe la ligne rougeoyante de la halle
de coulée, puis au détour où s'alignent les désintégrateurs, le regard bascule
sur les nacelles dorées des soupapes, s'éloignant vers le ciel.
Claude
Lévêque